La petite Histoire

Le Moulin de Niel
L'existence du Moulin de Niel remonte officiellement en 1259 mais on pense fortement que son origine est bien plus ancienne, vers 1100. Lorsque Edmond Valeille décida de le restaurer vers 1984 suite à des problèmes de droits d'eau, c'est une ruine qui lui servit de base de départ, le moulin ne tournant plus depuis plus d'un siècle.

A force de volonté et après de nombreuses recherches de textes explicatifs, de pièces, de dimensions... il put actionner la vanne et voir couler sa première farine le 28 Juin 2000.

C'est donc 16 années qu'il lui aura fallu pour refaire pièce à pièce tout le mécanisme et le bâtiment investissant par là même tout le bénéfice de la vente des produits de son élevage d'oies.

Aujourd'hui, son petit fils et lui même partagent leur passion avec les personnes qui veulent bien entendre l'histoire des moulins, des oies et des hommes.



Les origines des moulins :
Le moulin à eau a été la première machine mue par une énergie naturelle. Elément capital du progrès humain et technique, il est resté plus de 1800 ans la seule machine qui sera utilisée pour tous les besoins industriels.
De nombreux auteurs s’accordent à dire que le moulin à eau a fait son apparition au 2ème. siècle avant notre ère, quelque part dans le proche Orient pénétré par la civilisation grecque.
A cette époque, les deux types de roues (horizontale et verticale) existent mais on pense que le système à roue horizontale est plus ancien. Ce type de moulin se développe alors que les moulins à sang (entraînés par les hommes ou les animaux) sont encore utilisés.

Le déclin des moulins :
L’apparition du moteur à vapeur puis de l’électricité sonnèrent le glas des moulins à énergies renouvelables.
Aujourd’hui, seulement une petite minorité d’irréductibles continue d’entretenir les vieux moulins, permettant à nos générations de se remémorer le temps où l’on produisait certes assez peu, mais du moins sans polluer l’environnement.

Fonctionnement du moulin de Niel


Le Canal :
Le canal du Moulin de Niel est en soit une œuvre à part entière. Long de 1Km700, il était construit sur ses bords et son fond et était aménagé en divers points de vannes permettant sa vidange, de batardeaux permettant de réguler son niveau et de ponts permettant de le traverser.

Outre ces aménagements, il bénéficie de deux systèmes d’approvisionnements.
Le principal situé en tête de canal est une source dite source de Berle déjà utilisée à l’époque Romaine.

L’alimentation secondaire est plus complexe et est constituée d’un canal secondaire perpendiculaire au canal principal. Ce canal secondaire peu couler dans les deux sens en fonction du niveau du bief du moulin. Si le moulin est suffisamment approvisionné, il chassera l’eau du canal principal pour la relâcher dans le cour naturel du ruisseau. Si le bief est sous approvisionné, une digue éperon de niveau avec le bief détournera l’eau de deux ruisseaux pour approvisionner le canal principal.


Du blé à la farine :
Le blé est stocké dans la trémie et tombe dans l’auget. Ce dernier est régulièrement frappé par le babillard qui tourne en même temps que la meule. Le blé tombe donc dans l’oeillard au rythme régulier des frappes du babillard. De l’oeillard, le blé est propulsé par la force centrifuge entre les deux meules qui l’écrasent. La farine complète obtenue est alors recueillie dans l’auge.


Les meules :
Les meules sont au nombre de deux et reposent l’une sur l’autre. Celle du dessous dite gisante ou dormante ne tourne pas et sert de support à l’autre.
Celle du dessus dite tournante est entraînée par l’axe sur lequel elle repose en équilibre.
La meule tournante est sculptée de rayons et piquée au cours d’une opération appelée rhabillage pour en faire une sorte de « râpe à blé ».



 


 
Les produits du moulin


Les céréales à moudre :
Le maïs :
Déjà les Aztèques connaissaient la farine de maïs qui était à la base de leur alimentation. Aujourd’hui, si la farine de maïs est toujours utilisée, cette céréale est plutôt réservée aux animaux sous forme concassé ou non.
Le blé noir ou sarrasin :
Bien que n’étant pas une Graminée, les graines sont aussi moulues. De nos jours, cette farine trouve encore sa place dans la cuisine notamment pour la confection des tourtous.
Le seigle :
C’était la farine du pauvre. Autrefois, le blé était rare et le seigle meilleur marché car il poussait en terrain pauvre. La farine est sombre et forte en goût. On l’utilise encore pour le « pain noir » ou pain de seigle.
Le blé ou Froment :
C’est la farine la plus répandue. Toute les variétés de blé ne sont pas utilisables en boulangerie et un meunier doit donc distinguer les variétés panifiables, riches en gluten, et les variétés fourragères, destinées à l’alimentation animale.



 
 
La Farine :
La farine sortant du moulin est une farine complète. En la triant, nous arrivons à la subdiviser en quatre produits distincts :
La fine farine ou fleur de farine (utilisée en pâtisserie)
La farine de deuxième catégorie (utilisée en boulangerie)
La repasse
Le son.
Pour pouvoir séparer ces quatre produits, outre les tamis, les moulins se sont équipés de bluteries, systèmes permettant de recueillir la farine à la trémie d’échappement pour la faire passer dans un système de toiles plus ou moins fines.
Le plus ancien de ces systèmes est le blutoir ou « Passadou » en Occitan.




Le four à pain


Dès la sortie du Moulin, nous disposons d’un ancien four à pain. Il était autrefois l’outils qui permettait à la population de la Banlieue (une lieue soit 7 km autour de site du droit de Ban) de faire cuire son pain tout les 15 jours. Devenu Four communal après la révolution, il sert désormais pour éduquer les plus jeunes sur les anciennes méthodes de boulangerie, sur la valeur d’un morceau de pain et surtout sur le goût du bon pain mis en péril de nos jours.


   



 
 
Animation : La demi journée "Pain"

Nous vous proposons, au cours de cette demi-journée, de faire cuire du pain de campagne dans notre four à bois

Au cours de cette journée, vous découvrirez le principe de chauffe d'un four à bois, les modes de fabrication du pain, la symbolique du pain...

Pour les groupes du matin, la demi-journée débute à 10h et se termine à 12h. Pour ceux de l'après midi, elle débute à 14h et se termine à 16h.


Pour ce type d'animation, nous demandons une contributionde 5 Euros par personne contre laquelle chaque personne repartira avec une tourte de pain. Pour cette raison, le four ayant une contenance limitée, nous ne pouvons réaliser cette animation que pour des groupes de 30 personnes minimum et 40 personnes maximum.

 
 
 









Le moulin à huile


Si les moulins de Provence produisent de l’huile d’olive, notre terroir, plus froid, ne nous permet que de produire de l’huile de noix par ailleurs recommandée en cas de cholestérol. Le moulin à huile en cours de restauration est un ancien moulin à sang. Rassurez-vous, âmes sensibles, il ne faisait l’objet d’aucuns sacrifices mais sont dits moulins à sang tous les moulins (souvent les plus anciens) entraînés par la force animale ou humaine. Un fois restauré, ils est fort possible que nous investissions donc dans l’achat d’un âne et pourquoi pas un âne de Provence ?
 
   

 
 

Sachez, amis des moulins, que si nous parlons de moulin à huile, il faut plusieurs étapes pour recueillir le précieux liquide qui, contre toutes attentes, ne sort pas directement du moulin.
Ce moulin est actuellement en cours de rénovation et nous vous tiendrons informés de l’avancé des travaux.
 

    
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